La Science de l’esquive

Résumé de l’éditeur : « Rien n’indiquait que c’était son jour. Il n’y avait rien de particulier dans l’air. En refermant la porte derrière lui, il savait que c’était la dernière fois. Il n’y avait plus à réfléchir. Sa décision était prise. Il restait à exécuter le plan. Les trottoirs étaient noirs de monde, les magasins happaient et recrachaient les badauds à jets continus. À cet instant il était encore un homme honnête. C’était facile en vérité de basculer dans l’horreur.» Kamel Wozniak est en fuite. Locataire d’un meublé où pour rester invisible il faut se montrer habile, l’ancien boxeur sur ses gardes tente de se faire oublier le temps d’un été au vert. Mais de qui ? Et où s’arrête son plan B ? Difficile de disparaître dans une petite ville où un garçon comme lui, aux airs de desperado, n’est pas sans piquer les curiosités.
Après Sous le compost, Nicolas Maleski signe un roman qui s’ouvre comme un film des frères Coen, ménage un suspense de polar et déroule, dans langue où la lucidité combat à armes égales avec la causticité, l’épopée d’un antihéros insaisissable et pourtant pas si éloigné de nous.

Séduite par un beau visuel tendre qui laisse entrevoir une ambiance, j’ai également été sensible à cette collection, « Traversée » de Harper Collins, à la lisière de la littérature blanche et du roman noir. Dès les premières lignes, je me suis délectée de l’écriture intéressante, fluide, noble de Nicolas Maleski dont le premier roman avait déjà été un succès. Les phrases sont courtes, caustiques, percutantes. Les chapitres s’enchaînent avec aisance sans qu’on s’en aperçoive. Le rythme et le ton de ce roman évoluent avec l’intrigue qui se met en place doucement. Le suspens va donc croissant au fil de l’histoire ! On s’attache au protagoniste Kamel Wozniak, un homme en cavale, énigmatique, qui s’avère parfaitement « conscient d’incarner ce que l’humanité recèle de pire ». Cela étant, les personnages secondaires dont la complexité va crescendo, ne sont pas moins déroutants et attachants. Dans le dernier quart du roman, l’intrigue prend une nouvelle tournure, une dimension inattendue. Le titre se révèle alors et prend tout son sens. Un bon polar, un livre convaincant mais surtout un beau roman d’atmosphère et sociétal à lire absolument… rien que pour son originalité ! La fin est paradoxalement aussi noire que brillante. Une fois commencé, ce roman est impossible à lâcher. Une bien belle lecture.

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